
1939 – Fondation à Yadé au Togo
En 1939, Monseigneur Joseph Strebler, alors Préfet apostolique de Sokodé, fit venir les Missionnaires Catéchistes du Sacré-Cœur à Yadé, en plein pays kabyé, dans le secteur d’Aledjo, au nord du Togo, où vit une population agricole.
Sœur Emmanuel Werbeke et Sœur Saint Louis Vandenbussche se sont embarquées sur le Banfora le 20 mai 1939 et s’arrêtent à Dzodze, où elles font leur premier essai de vie missionnaire, en attendant que tout soit prêt à Yadé pour les recevoir. C’est là que Sœur Marie du Calvaire Roucairol vient les chercher, car elle a trouvé l’unique lorry (camion) qui accepte de faire ce voyage, rendu très difficile en cette fin de saison des pluies.
De Dzodze, elles passent par Lomé, où les attendent Sœur Léobin Raingeard, Sœur Augustin Leman et Sœur Yves Aubert. À Lomé, et en route, les Sœurs font des provisions de toutes sortes : vivres, outils, etc., car à Yadé même, il n’y a rien. Les caisses et les colis de toutes sortes s’entassent. Le voyage se poursuit.
Le 26 juillet, Monseigneur Strebler vient bénir la chapelle et la maison. Au début, la mission des Pères est à Titchao, mais elle sera transférée à Yadé en 1942. Les Sœurs s’y rendent chaque matin pour la messe. Très vite, Sœur Emmanuel, infirmière, ouvre un dispensaire. Tous les matins, avec Sœur Saint Louis, elles soignent au dispensaire et, l’après-midi, elles partent à la recherche des malades dans le village.
En 1942, Sœur Léobin fait construire l’école des filles, dont Sœur Marie Charles Desnos sera la première directrice. Au début, le recrutement des filles est difficile. Une classe d’enseignement ménager sera ensuite ouverte et l’école des filles prendra de l’ampleur.
Les Sœurs visitent les villages environnants. Yadé est entouré de collines rocheuses, aussi, avant de partir, il faut se renseigner sur le temps nécessaire pour se rendre dans tel ou tel village. L’école des filles a aussi un internat. Beaucoup de jeunes filles auront une belle situation et seront toujours très reconnaissantes de l’éducation et de l’instruction qu’elles ont reçues. Devant la défection de nombreux chrétiens de Yadé, les Sœurs commencent des groupes de prière dans les quartiers : méditation du chapelet et partage de l’Évangile, où chacun peut tirer des conclusions pratiques pour la vie de tous les jours. Ces réunions donnent l’occasion d’être attentif aux problèmes du quartier, où une entraide se met en place. Les Sœurs poursuivent la catéchèse et les activités paroissiales, visitent les quartiers de Yadé ainsi que les villages, où elles rencontrent les malades et les personnes âgées. Durant cette époque, les locaux de l’ancien dispensaire des Sœurs servent d’école primaire pour les enfants des militaires français, dont la base est située à Niamtougou. En 2002, avec le départ des militaires, le bâtiment est réhabilité en centre culturel.
Encore aujourd’hui, les personnes handicapées et les épileptiques occupent une grande place dans les activités des Sœurs. Chaque semaine, une cinquantaine d’épileptiques viennent régulièrement chercher leur traitement. Par ignorance et faute d’argent, le handicap et l’épilepsie sont considérés comme des maladies qui inspirent la peur ; en conséquence, les familles ne soignent pas leurs membres.
Pendant de nombreuses années, avec l’aide d’une bienfaitrice, les Sœurs ont aidé les handicapés et les malades en leur assurant un suivi médical au dispensaire, en lien avec le médecin, et en leur procurant un traitement qui, bien suivi, assure la guérison des malades.
En 2014, Monsieur Grégoire Ahongbonon a demandé aux Sœurs de Yadé que la maison devienne un centre relais pour les malades mentaux de la région de Koza et des environs. Très vite, les malades anciens et nouveaux sont arrivés en nombre, en plus des épileptiques déjà suivis par les Sœurs.
En 2016, les Sœurs accueillent plus de 370 malades par mois, en lien avec l’association Saint-Camille de Djougou.
Aujourd’hui, le travail se poursuit avec un engagement sans relâche.

