
En 1974, le FED (Fonds européen de développement) a lancé un projet dans la partie nord-est de la paroisse de Yadé, à 40 km, afin d’aider de jeunes agriculteurs à s’installer sur des terres encore inoccupées.
En 1984, la communauté des Sœurs de Yadé est sollicitée pour prendre part à l’animation rurale féminine. Elle répond à cet appel en affectant Sœur Marie-Thérèse Pelletier à cette mission. Une journée par semaine, celle-ci se rend à Broukou. Elle commence par réunir des femmes sous un apatam pour des travaux d’aiguille et des discussions sur l’éducation sanitaire et nutritionnelle, en particulier pour les enfants.
Elle visite les villages et apprend aux femmes à construire et utiliser des foyers améliorés en terre, permettant d’économiser le bois de chauffe. Avec elles, elle prépare de la moutarde de soja et d’arachide, et commence la catéchèse dans un village, annexe de Yadé. Une petite chapelle est construite à proximité du logement destiné aux Sœurs.
En 1988, Sœur Marie Odette Chastan est nommée à Broukou. Dans un premier temps, elle seconde Sœur Marie-Thérèse. Chaque semaine, du lundi au jeudi, elles se rendent à Broukou en taxi-brousse pour poursuivre le travail avec les femmes et animer l’activité rurale en utilisant la méthode GRAAP (Groupement de recherche et d’appui pour l’autopromotion), une méthode active basée sur des images qui incitent les villageois à réfléchir et à trouver eux-mêmes des solutions à leurs problèmes.
Pour améliorer et développer le travail à Broukou, il devient nécessaire que les Sœurs y résident. En 1989, Sœur Marie Marchai rejoint Sœur Marie Odette Chastan pour s’y installer définitivement. Elles poursuivent et développent les activités déjà commencées : l’animation féminine et la catéchèse. Cette même année, Broukou est érigé en paroisse. Le Père Ernest Kiur s’installe dans une maison près de la chapelle du village et devient le premier curé.
Plus tard, une église sera construite. Les Sœurs continuent de visiter les villages et de faire la catéchèse. C’est un lieu d’évangélisation. Chacune des Sœurs visite trois villages. À la demande de quelques femmes, les Sœurs sont amenées à ouvrir un centre féminin. Un petit groupe de jeunes filles commence à travailler dans une petite pièce de la maison des Sœurs.
Puis, avec l’augmentation du nombre de participantes, une construction devient nécessaire. L’aide financière de la Mission française de Coopération, puis de la Caritas, permet la construction de salles de travail et d’un internat. Rapidement, le nombre d’élèves dépasse la
vingtaine. Les Sœurs apportent également leur aide aux personnes handicapées moteurs, grâce au soutien de l’organisme Liliane Fonds. Elles assurent la catéchèse aux élèves du primaire et aux collégiens, même dans les collèges. Elles accompagnent aussi les mouvements CV-AV et les débuts de la JAC.
En 2004, Sœur Jacqueline Salvert rejoint la communauté. Elle est chargée d’entreprendre des travaux pour agrandir et rénover la maison, qui est petite et nécessite des réparations. À cette rénovation s’ajoute la construction d’un petit bâtiment comprenant trois chambres et une salle de séjour. Parallèlement, un presbytère est construit pour la paroisse. Les habitants du village disent : « Monseigneur a construit un presbytère, les Sœurs ont agrandi leur maison, donc Broukou est important ! » Broukou étant quelque peu isolé, il est nécessaire de se rendre à Kara, à 50 km, pour se procurer du pétrole, de l’essence et du gasoil pour le groupe électrogène. C’est aussi là que nous récupérons le courrier postal.
En 2005, à la grande satisfaction de la population, les Sœurs font construire un Centre nutritionnel qui s’ouvrira en 2006 sous la direction de Sœur Arme Marie Mispouillé. Sœur Anne Marie Valentin s’appuie sur la méthode GRAAP pour aider à améliorer les conditions de vie des villageois. En 2013, Sœur Justine Adjibodé dirige le Centre féminin et Sœur Reine Beleî le Centre nutritionnel. En 2014, Sœur Vincentia Amouzou continue le travail de Sœur Reine, suivie ensuite de Sœur Esther A. Chabi.

