
Durant la guerre, les sœurs ont été en contact avec les réfugiés de Menton. Elles ont continué à être proches de la population par le biais des soins à domicile ou au dispensaire de la Maison de la Vierge, ainsi que par les visites aux malades, le catéchisme et les colonies de vacances. Elles sont connues et estimées. Grâce à l’appui de fidèles bénévoles, la fête missionnaire, qui rassemble de nombreux amis depuis 1946, se poursuit chaque année.
L’accueil reste une caractéristique de la Maison de la Vierge. Des journées paroissiales, des réunions, des conférences et divers rassemblements continuent de s’y tenir. De nombreuses personnes viennent également, attirées par la possibilité de rencontrer une sœur. Si le petit parloir, également appelé « musée », pouvait partager tout ce dont il a été témoin…
Les familles des sœurs ont toujours été accueillies à bras ouverts, parfois en groupes nombreux lors des prises d’habit, des professions et des jubilés. En plus des joies familiales, elles peuvent profiter du climat de la Côte d’Azur.
À la suite des fondatrices et depuis la fondation, un repas chaud est servi à midi à ceux qui se présentent, dans un petit local près de l’entrée de la maison. La communauté a poursuivi cet accueil en l’adaptant aux besoins des différentes époques. La grotte qui domine la vallée du Borrigo est un lieu bien connu des Mentonnais et attire de nombreux visiteurs, venus confier leurs prières et leurs remerciements à Marie en offrant des fleurs. À l’intérieur de la grotte, sur une table, un cahier recueille leurs nombreuses intentions de prière, et dans les fentes du rocher, quelques papiers sont glissés avec leurs implorations. Oui, le vœu d’Alice Munet a bien été exaucé :
« La grotte sera ici, afin d’être vue de tous. »
La Maison de la Vierge devient la maison de retraite des sœurs, qui, après avoir vécu de nombreuses années en Afrique, sont heureuses de retrouver un climat ensoleillé. Les sœurs restent actives selon leurs possibilités : présence à la paroisse pour la catéchèse, permanences d’accueil à l’église, accueil à la maison, services communautaires, préparation de la vente de charité qui a lieu chaque année en décembre, participation à l’ACAT, au catéchuménat, aux rencontres de quartiers, au Secours catholique, aux équipes Saint-Vincent, ainsi qu’aux visites des personnes âgées ou malades dans les maisons de retraite. Elles sont également impliquées dans la pastorale de la santé. Tout cela leur permet de garder une ouverture sur l’extérieur. Elles réservent une grande place à l’adoration eucharistique quotidienne, qui est leur mission principale, et déposent aux pieds du Seigneur les nombreuses intentions qui leur sont confiées. La chapelle est toujours ouverte, et nombreuses sont les personnes qui viennent prier ou se joindre à l’adoration eucharistique.
La Maison de la Vierge, lieu de fondation de l’Institut, est un passage obligé pour les jeunes sœurs avant leur engagement définitif, notamment pour celles originaires d’Afrique. C’est leur premier grand voyage sur un autre continent. Quelle surprise, quel étonnement, quelle joie de découvrir ces lieux et d’échanger avec les anciennes. Les sœurs des autres maisons aiment se retrouver à la Maison de la Vierge. Chaque année, elles s’y réunissent pour un week-end annuel animé par un intervenant. Les jubilés sont l’occasion de grandes fêtes.
Pendant des années, les sœurs ont rencontré des personnes qui avaient connu les fondatrices et aimaient évoquer leur souvenir. La Maison de la Vierge a, pour ainsi dire, sa place dans la ville. Les relations avec la municipalité et les différentes instances sont bonnes.
En reconnaissance de tout ce que les sœurs ont vécu et continuent d’apporter à la population mentonnaise et à l’Afrique, et pour renforcer les liens avec la municipalité, le sénateur-maire, Monsieur Francis Palmera, inaugure le 8 décembre 1974 la rue des Sœurs Munet, en bas de la Maison de la Vierge, ancienne rue des Cabrolles.
En 2005, la villa Mélanie, de l’autre côté de la rue et en contrebas de la grotte, est vendue. Elle a été détruite et remplacée par un grand immeuble qui porte en souvenir le nom de « Résidence Mélanie ». Cette vente a permis de financer les travaux de réhabilitation de la
Maison de la Vierge et de l’aménager pour permettre aux sœurs âgées d’y rester le plus longtemps possible. Mais que faire de la villa Montsouris qui se trouve au bout ?
Aujourd’hui, c’est une villa de trop. Ainsi, l’idée germa de la transformer en logements sociaux, ce qui répond au but social de la Congrégation. Pour Alice et Marie-Thérèse Munet, le pauvre n’avait-il pas toujours la préférence ? C’est pourquoi, le 11 décembre 2010, devant les autorités de la mairie de Menton et l’organisme « Habitat et Humanisme », a eu lieu l’inauguration de quatre logements sociaux. La communauté des sœurs vit très bien ce voisinage, et petit à petit, les contacts se nouent.
Aujourd’hui, les logements sociaux ont pris fin.
Le 12 décembre 2023, les sœurs de Saint Didier rejoignent la Maison de la Vierge à Menton pour se regrouper. La Villa de la Vierge devient la Maison généraliste de l’Institut.

