La Sainte Vierge dans la vie d’Alice Munet


Image: © Capitolo di Santa Maria Maggiore

La guerre de 1914 !
Dieu allait s’en servir pour donner à la vie des deux sœurs une direction nouvelle. Rentrées à Menton en fin septembre, celles-ci prirent immédiatement du service bénévole à la Croix Rouge. Infirmière-major particulièrement douée et compétente, Alice se dévoua dès lors
auprès des blessés militaires. C’est là qu’elle découvrit l’âme africaine. La veille du 15 août 1915, mettant sa démarche sous la protection de la Sainte Vierge, Alice demandait une place d’infirmière dans les formations sénégalaises. Requête inutile. Malgré ce refus, nombreux
furent les soldats africains soignés par elle. Multiples, ceux qu’elle éclaira des lumières de sa foi et auxquels elle inculqua l’amour de Notre-Dame.
Seigneur, que voulez-vous que je fasse ?

La guerre terminée, les derniers Africains partis de Menton, une prière jaillit, ardente, incessante, du cœur d’Alice : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? ». La Sainte Vierge inspira alors un pèlerinage à Rome pour demander la lumière : quelle orientation donner
désormais à la vie d’Alice ? Quelle destination à la Villa de la Vierge ? C’était le 25 mars 1920, pendant le Salut du Saint Sacrement à la Grotte de Notre-Dame de Lourdes.

Le voyage se fit en mai, un vrai pèlerinage, chapelet en main, nous visitions la Rome sainte et nous aimions finir la journée en assistant à quelque mois de Marie dans une église populeuse. La lumière ne vint pas. La même prière : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? » fut faite encore avec plus d’instance en 1921, lors d’un pèlerinage à Notre Dame du Laus et Notre Dame de la Salette « Seigneur, faites connaître votre volonté, par la douce intercession de Notre Dame ».

C’est cependant à Rome que la réponse lumineuse et claire fut obtenue, mais un peu plus tard, en mai 1922, au cours d’une visite à Dom Shultzer, abbé de Saint-Paul-hors-les-Murs. Alice et sa sœur lui ayant manifesté leur indécision quant à l’emploi de leurs biens et de leur
vie, le saint abbé répondit doucement : « Eh bien, je vous conseillerai de suivre l’exemple de ces deux saints personnages, mari et femme, qui aux tout premiers siècles chrétiens, firent hommage de leurs biens à la très sainte Mère de Dieu, et la constituèrent leur héritière. Agissez de même, remettez tout à la disposition de la Sainte Vierge, offrez-vous et confiez-vous à Elle. Elle disposera de tout et demeurez dans la paix ». Selon le conseil reçu, l’offrande fut faite dans la basilique de Sainte Marie Majeure … et Notre Dame ne tarda pas à montrer qu’Elle l’agréait.

En août 1922, Alice était à Lourdes, venue remettre tous ses désirs, tous ses rêves d’avenir entre les mains de Celle qui devait en disposer. Elle allait régulièrement aux piscines ajouter à sa prière le sacrifice enseigné par la Sainte Vierge elle-même, de se plonger dans leurs eaux saisissantes. Elle eut la douce surprise de se voir rangée parmi les miraculés de Marie qui devaient tous, en groupe, prendre une part spéciale aux cérémonies. Quelle joie pour elle qui ne cessait de louer dans son cœur la bonté et la puissance de sa Mère tant aimée !
Or, exactement, pendant ces jours heureux et bénis d’incessante prière la douce main lumineuse de la Vierge de Lourdes écartait l’obscurité et versait une clarté décisive au 150 Cours Gambetta à Lyon. C’était la réponse à la consécration faite à Sainte Marie Majeure.
(À suivre)

Sœur Marie Henriette Patout
(Nouvelles de Famille Mai-Juin 1960 n°3)

MCS-C

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